
Nés à St Albans dans le Hertfordshire, les quatre membres fondent le groupe sous le nom de Hybryd en 1999, avant de devenir Enter Shikari en 2003, un nom qui signifie « chasseur » en hindi. Refusant l’intérêt des grandes maisons de disques, ils créent leur propre label, Ambush Reality, et sortent leur premier album Take To The Skies en 2007, qui atteint la quatrième place des charts britanniques. Un début fracassant pour un groupe qui n’avait rien demandé à personne, si ce n’est d’être écouté.
Leur son est immédiatement reconnaissable et difficile à classer : des fusions tonitruantes de metal hardcore avec des rythmes et des ruptures électroniques , portées par la voix et l’énergie débordante de Rou Reynolds, chanteur, claviériste et âme pensante du groupe. Le groupe arrive à marier la musique électronique au post-hardcore à la perfection, tant et si bien qu’il crée son propre style. Les paroles de ses chansons sont la majeure partie du temps engagées politiquement.
VOICI NOTRE SELECTION CLIPS A VOIR ABSOLUMENT !!
SORRY YOU’RE NOT A WINNER (Take To The Skies, 2007)
Le point de départ obligatoire. C’est l’une des premières chansons écrites par le groupe dans sa formation définitive, et elle résume à elle seule ce qu’est Enter Shikari : une collision frontale entre le punk hardcore et la musique électronique. Un clip brut, une énergie animale. Si vous ne connaissez pas encore le groupe, c’est par là que tout commence.
JUGGERNAUTS (Common Dreads, 2009)
Comme une montée de sang à la tête, l’intro euphorique de ce titre culte provoque encore le même sentiment de jubilation des années après sa sortie. Le clip est à l’image de la chanson : direct, percutant, sans fioritures. Un hymne de la scène post-hardcore britannique qui ne vieillit pas.
ARGUING WITH THERMOMETERS (A Flash Flood of Colour, 2012)
Ce titre traite des compagnies pétrolières qui placent leurs profits à court terme au-dessus de la santé à long terme de la planète. Rou y pousse sa voix dans des retranchements extrêmes, sur fond de riffs massifs et de synthés rageurs. Un manifeste sonore sur la crise climatique, filmé avec une intensité qui colle parfaitement au propos.
ANAESTHETIST (The Mindsweep, 2015)
Devenu un pilier des setlists depuis sa sortie, ce titre envoie un message clair aux vautours qui voudraient privatiser le NHS : « Step the f*ck back ». Le clip est cinématographique, les orchestrations sont grandioses, et le pont final est l’un des moments les plus cathartiques de toute leur discographie. Un sommet absolu.
T.I.N.A. (Nothing Is True & Everything Is Possible, 2020)
Ce clip est sorti en plein confinement et il prend une dimension particulière quand on sait dans quel contexte vous avez découvert le groupe. Ce titre irresistiblement dansant challenge la rhétorique capitaliste qui nous demande d’accepter une société qui fonce vers sa propre destruction. Le clip, avec ses visuels futuristes et dystopiques, est une claque visuelle autant que sonore.
A KISS FOR THE WHOLE WORLD (A Kiss For The Whole World, 2023)
L’intro aux cuivres et les paroles font écho à l’Ode à la Joie de Beethoven, avant qu’un riff typiquement hyperactif et un chorus taillé pour les stades ne prennent le relais. Un appel à la communauté et à l’amour, prêt à élever n’importe quel festival dans une autre dimension. Le clip à lui seul résume pourquoi Enter Shikari est devenu un groupe d’arènes sans jamais trahir ses racines.
Sur scène, Enter Shikari est une force de la nature. Plus de 3000 concerts à travers le monde, trois tournées en arène au Royaume-Uni, des têtes d’affiche à Glastonbury, Reading & Leeds, Download, et une co-affiche à Slam Dunk en 2023. Le groupe a également foulé la scène du Hellfest à plusieurs reprises!
Mais Enter Shikari ne se contente pas de faire de la musique. Depuis leurs débuts, ils portent une parole engagée, ancrée dans une vision du monde lucide et sans complaisance. Et c’est peut-être là que réside leur force la plus durable.
En août 2025, lors de leur passage sur la Main Stage du Reading Festival, Rou Reynolds a rappelé qu’il portait déjà un t-shirt « Free Gaza » sur cette même scène en 2010, déclarant qu’Israël traitait les Palestiniens comme des citoyens de seconde zone, les soumettant à une intimidation et une humiliation constantes. Il a mis en perspective la destruction en cours à Gaza, évoquant l’équivalent en puissance de feu de six bombes atomiques d’Hiroshima larguées en deux ans. Il a conclu en paraphrasant le sage Rabbi Tarfon : « Ce n’est pas ton devoir seul de guérir ce monde, mais tu ne dois pas t’abstenir d’essayer. Nous ne nous abstiendrons pas de nous lever. Love only. Free Palestine.
Rou Reynolds résume lui-même cette philosophie : « Je ne veux pas que notre groupe soit un simple divertissement sans réflexion. On nous donne un micro, et il se passe des choses qui ne devraient pas se passer. »
Aujourd’hui, avec la surprise release de leur nouvel album « Lose Your Self » le 10 avril 2026, Enter Shikari confirment une fois de plus qu’ils jouent selon leurs propres règles. Pas de single, pas de teaser, pas de calcul commercial. Juste de la musique livrée directement, en bloc, pour que l’auditeur la vive comme une expérience totale.
Enter Shikari est un groupe qui grandit avec vous. Qu’on les ait découverts dans la fosse d’un festival, sur une scène de Clisson, ou seul chez soi pendant un confinement, le résultat est souvent le même : on ne les oublie plus. Et on est reconnaissant qu’ils existent.






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