À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, METAL MADTV met aujourd’hui à l’honneur une artiste singulière : Nina Saeidi, chanteuse du groupe Lowen.

Une femme vêtue d'une robe rouge ornée tirant à l'arc sous un ciel nuageux.
Pictures by Paul Harries

Lorsque je l’ai interviewée en 2023, elle m’expliquait combien la musique metal était difficile voire impossible à pratiquer librement en Iran. Dans ce contexte, chanter, se produire sur scène ou simplement exister en tant qu’artiste peut devenir un acte de résistance.

Femme en robe rouge ornée, tenant une épée, posant dans une forêt.
Pictures by Paul Harries

Nina Saeidi porte dans sa musique une part de cette histoire. Son travail mêle metal et héritage culturel persan, mais il raconte aussi quelque chose de plus universel : la liberté de créer, de penser et de s’exprimer.

En cette journée symbolique, cette mise en lumière est aussi une pensée pour les femmes iraniennes et pour les artistes iraniennes qui continuent de créer malgré les contraintes, les tensions et les bouleversements qui traversent leur pays et le monde. L’Iran est un pays d’une immense richesse culturelle et intellectuelle, avec une longue histoire et une population profondément éduquée et créative. Réduire ce peuple à ses dirigeants serait passer à côté de cette réalité.

Un groupe de quatre musiciens se tenant sur du sable, avec une femme en robe violette ornée, et des hommes portant des vêtements noirs.
(Image credit: Andy Ford)

Fondé à Londres, Lowen s’est rapidement imposé comme l’un des projets les plus singuliers de la scène metal contemporaine. À l’origine du groupe, la rencontre entre la chanteuse et multi-instrumentiste Nina Saeidi et le guitariste Shem Lucas. Leur ambition : créer une musique qui dépasse les frontières stylistiques et culturelles. Le groupe mêle ainsi doom metal, structures progressives et influences issues des traditions musicales du Moyen-Orient, intégrant notamment des instruments comme le santur ou le daf.

Une femme lisant un livre, entourée de bougies, dans une ambiance sombre et mystérieuse.

Le projet porte également l’empreinte de l’histoire personnelle de Nina Saeidi. Née de parents iraniens ayant fui la révolution de 1979, la musicienne nourrit son écriture de références à la mythologie persane, à l’histoire de l’exil et aux tensions politiques contemporaines.

Femme avec de longs cheveux bouclés portant une robe rouge ornée, tenant une épée dans une forêt.
Pictures by Paul Harries

Cette identité artistique s’affirme progressivement à travers les sorties du groupe, depuis leur premier album A Crypt in the Stars en 2018 jusqu’à leur second opus Do Not Go To War With The Demons Of Mazandaran, paru en 2024.

Une scène fantastique représentant une architecture complexe et colorée, avec des figures mythologiques, des plantes exotiques et une grande foule. Des structures élaborées en forme de sculptures et des éléments étranges sont visibles, créant une atmosphère surréaliste.

Parmi les morceaux marquants de cet album figure Waging War Against God, dont le clip frappe autant par sa dimension visuelle que par son message politique. Réalisée par Topher OMeagher et Dan Cayzer pour Watchmaker Studios, la vidéo met également en scène Dinko Pehlic, membre du groupe Vehement.

À travers une esthétique symbolique et sombre, le clip met en garde contre la manipulation de la religion et du pouvoir par des régimes autoritaires. Le groupe insiste d’ailleurs sur un point : la vidéo ne vise aucune foi en tant que telle, mais critique l’usage de la religion comme instrument d’oppression.

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