Installé à Los Angeles mais profondément ancré dans ses racines moyen-orientales, le groupe Inqirad bouscule les codes de la scène alternative internationale. À l’occasion d’un entretien exclusif de près d’une heure, son chanteur et parolier Abdullah se confie sur son parcours, l’importance de son héritage culturel et annonce une collaboration très attendue avec le groupe Sikeen. Rencontre.

Pour comprendre la rage qui anime Inqirad qui signifie « Extinction » en arabe, il faut remonter le fil de la vie de son leader, Abdullah. Avant de fouler le sol californien, c’est en Jordanie qu’il fait ses premières armes dans la scène punk alternative locale. Un milieu profondément marqué par le système D et une urgence absolue de s’exprimer.

Aujourd’hui basé à Los Angeles, ce groupe mené par des musiciens de la diaspora palestinienne utilise la violence du punk hardcore pour raconter l’exil et la réalité de leur peuple. Mais pour Abdullah, la musique doit s’accompagner d’actes. C’est avec cette philosophie qu’il a récemment mis sur pied un festival punk de solidarité pour la Palestine au cœur de L.A.

Être artiste arabe dans l’univers du rock et du metal occidental implique souvent de devoir faire face aux préjugés. Abdullah refuse de s’y soumettre et préfère opposer à l’incompréhension la richesse d’une double culture.

« Nous avons grandi bercés par des monuments comme Oum Kalthoum ou Fairouz, confie-t-il. C’est de cette poésie classique que vient notre sensibilité et notre manière d’écrire. Le punk n’est finalement qu’un moyen plus moderne et plus bruyant d’exprimer cette même urgence d’exister. »

Amoureux des mots et de la littérature, le chanteur puise dans les écrits des grands poètes arabes pour façonner des textes d’une noirceur lucide, mais toujours habités par un espoir de résistance.

C’est la belle surprise de cet entretien. Alors que nous avions rencontré les membres du groupe Sikeen le mois dernier, Abdullah nous a révélé en exclusivité qu’une collaboration majeure unissait désormais les deux formations.

Leur morceau commun, intitulé « No Escape », sortira le 28 juillet prochain. Un titre qui s’annonce d’ores et déjà historique puisqu’il fusionne l’énergie brute du punk-metal avec le Zajal (زجل), cet art traditionnel moyen-oriental de joutes poétiques semi-chantées. Un extrait exclusif de cette rencontre artistique est à découvrir au cœur de notre entretien.

Cette longue discussion a aussi été marquée par une admiration partagée pour le titre « Damascus » de Gorillaz. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait, que la musique ignore les frontières.

Retrouvez l’intégralité de cette interview de 57 minutes avec Abdullah (Inqirad) dans la vidéo ci-dessous :

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