Salut les métalleux tout-terrains !
De retour au Motocultor! Comme chaque année le festival nous propose une affiche de malade. Il y en a pour tous les goûts en matière de musiques extrêmes et autres.
Cette année on s’est intéressés plutôt aux autres, même si on a trainé du côté de quelques valeurs sûres du « ivimétol ».
En ce qui concerne les nouveautés de cette année :

La tribune VIP, bonne idée mais… On a senti que c’était un peu un crash test, on y met un bar, finalement non, on le met à côté et on descend les barnums… Bref, c’est plutôt pratique mais mal conçu, peut-être une vraie tribune en escalier plus petite aurait fait l’affaire au lieu de ce monstre de plate-forme ingérable. Peut-être l’expérience sera-t-elle améliorée l’année prochaine ?
La nouvelle disposition, les deux grandes scènes (Dave Mustage et Supositor) côte à côte qui font du ping-pong, c’était vraiment bien, mais les deux autres scènes étaient trop proches et du coup ça fait de la soupe de son assez désagréable. En plus les deux scènes les plus proches : La Massey Ferguscène et la Supositor jouent en même temps ! Du coup on se retrouve avec du Pagan True Death Metal ou du Stoner Grind Core…
En ce qui concerne le son, c’est très inégal en fonction des groupes, il y a des coupures assez fréquentes et globalement la qualité n’est pas ouf. A améliorer.
La bouffe, super important et franchement il y avait du lourd et c’est globalement de qualité. Le food truck du VIP et ses burgers maison est revenu pour le plaisir des habitués. Sinon sur le fest, on peut noter la belle performance de Mamy Patate, du truck japonais, libanais et aussi des hot dog ! Bref, pour tous les goûts, pour tous les régimes mais pas forcément pour toutes les bourses. Il faut compter quand même au minimum 12 euros par repas et jusqu’à 20 Euros.
Le JEUDI !
On arrive sur le site dans l’après-midi, à temps pour voir un bout de la prestation d’Havok. Je me pause à peine devant la scène qu’un grand « Bang! » retenti et puis plus rien. Plus de son… Le groupe, en tout bon professionnel qu’il est, continu de jouer sans s’arrêter, tenant la pose comme si le temps s’était arrêté uniquement pour eux. La coupure dure quelques longues secondes où on l’on imagine le pire, j’entends déjà la musique d’attente téléphonique d’EDF… Et puis la puissance reviens subitement et nous inonde violemment. Le groupe est évidemment une machine de guerre. Son thrash ricain old school ravi le public déjà conquis et nous fait secouer de la tête en levant une main cornue. Excellente prestation.

Alan Stivrel
Un habitué du Motocultor, il vient tous les ans quasiment, avec ses faux airs de Phillippe Poutou, c’est le papy sympa que l’on invite à toutes les fêtes de famille.
Cette sommité de la musique celtique et spécialement bretonne, armée de sa harpe et accompagné par ses musiciens, nous enchante par son interprétation des chants en langue bretonne. « Une langue en voie de disparition » comme le souligne l’artiste. On ne peut qu’être impressionné par la performance et la sincérité de l’hommage aux traditions celtiques et bretonnes.
Ils ne nous reste plus qu’à nous inscrire aux écoles Diwan et faire revivre cette langue moribonde qui fut interdite par le passé, c’est un acte autant de passionné que de rébellion !
Kenavo hag a-benn nebeut Alan Stivel !

BOB VYLAN !
Tout d’abord merci au Motocultor pour avoir fait venir cet artiste assez rare en France. Encore émergeant dans le monde du punk britannique, Bob Vylan s’est vite imposé par son style unique et impossible à étiqueter.
On ne le cache pas, chez Metal Mad, on le suit depuis un certain temps et on est vraiment fan.
Il aborde des thèmes anti-racistes, antifascistes et dénonce nombre de dérives de la société contemporaine avec une énergie et une rage qu’on ne trouve nulle part ailleurs en ce moment.
C’est donc avec impatience que l’on attend, collés à la crash barrière, l’entrée de l’artiste.
Annoncé par son acolyte, il fait son apparition du fond de la scène et se présente rapidement sous ses différentes appellations (ma préférée étant Metallica killers) pour ensuite nous inviter à pratiquer une séance de yoga pendant quelques minutes. Finalement le duo, Bobby et Bobbie, enchaine les titres avec une énergie incroyable.
Les très attendus « We leave Here », « I heard you want your contry back » ou encore « Pretty Songs » ont fait l’effet d’une bombe sonique sur le public qui se déchaine littéralement. Entrecoupé de discours politiques sans concession, principalement orienté vers le vivre ensemble et sur la dénonciation de la montée du fascisme dans le monde. Le charisme de Bobby attire l’attention et rassemble les gens qui l’accueillent avec bienveillance au sein même de la fosse, entonnant le refrain de « Wicked and Bad » sur les épaules de d’un festivalier. La foule est en liesse, le show est juste incroyable.
Une performance incontournable !!

Le VENDREDI !
Pour moi certainement la meilleure journée en terme d’affiche.
Je voulais voir Inhumate et Hippotraktor, mais interview oblige, il a fallu passer mon tour. A priori Hippotraktor (c’est quoi ce nom???) à fait une prestation très remarquée et a suscité beaucoup d’émoi au sein des festivaliers.
Resolve
Le groupe lyonnais de metalcore qui monte et franchement c’est mérité. Leur prestation sur la grande scène « Dave Mustage » n’a pas à rougir des autres groupes. C’est professionnel ,carré, précis et puissant. Le public ne boude pas son plaisir et enchaîne les « circle pit » et autres joyeusetés molestataires. (ne cherchez pas, ce mot n’existe pas, c’est un dérivé de « molester », et puis je fais ce que je veux, il y a bien des groupes qui s’appellent Hipporarktor…) !
Un bon moment de bonne musique qu’on ne peut que saluer avec admiration et respect, longue vie à eux !

Infected Rain
Une autre star montante du festival qui a vraiment le nez pour dénicher des pépites. Le groupe de nu metal moldave est très attendu et à juste titre, il enchaîne les riffs accrocheurs et la frontwomen attire l’attention par son fort charisme.
Ils savent prendre possession de la scène et envoyer une grande dose d’énergie. L’ensemble fonctionne bien et le son est propre. On pourra quand même noter par moment des problèmes de justesse de la part de la chanteuse, peut-être un soucis de retour.

Eihwar
Comme beaucoup de festivaliers, parfois il y a deux groupes que l’on veut voir qui passent en même temps. Heureusement, au Motocoltor, pas besoin de s’appeler Flash pour réussir le pari de voir un peu des deux. Donc me voilà parti de la Dave Mustage d’un pas rapide et félin (autant qu’une paire de bottes en caoutchouc me le permette !) vers la Bruce Dickinscène pour voir la nouveau groupe Pagan viking français à la mode (oui je sais, cette phrase est sentencieuse, à dessein d’ailleurs).
Dans le monde de la musique Pagan Viking, il y a deux grands courants majeurs : ceux qui copient Wardruna et ceux qui copient Heilung. Eihwar appartient plutôt à la deuxième catégorie avec un chant guttural et une voix féminine mais sans les instruments traditionnels. Ici on est totalement dans la fantasmagorie viking, issue du cinéma, des jeux vidéo ou des séries sur les plateformes de streaming.
Il ne faut pas chercher l’authenticité ou même l’enchantement tribal du retour au source, ici c’est l’amusement d’une musique électronique hyper basique qu’il faut attendre. Il n’y a que deux protagonistes sur scène qui s’agitent sur des bandes son pré-enregistrées. Soit, la performance vocale est plutôt intéressante, et, en dehors de l’esthétisme du spectacle somme toute un peu minimaliste, on reste globalement un peu sur sa fin en terme de spectacle vivant.
En ce qui me concerne c’est plutôt une déception.

SKYND !
Après quelques interviews menées dans l’après midi, retour au live pour la deuxième performance la plus attendue en ce qui me concerne (avec Bob Vylan).
SKYND, un projet musical non identifié à caractère malsaint.
En toute honnêteté je partage clairement l’avis d’un de mes amis : « cette chanteuse est l’incarnation de l’esprit du Black Metal, ses textes parlent de tueurs en série, il n’y a rien de plus black… ».
Je me dirige donc vers l’endroit où la nuit est la plus sombre ce soir au Motocultor. Un mélange d’excitation et de peur m’envahissent à l’approche chapiteau.
Nous avons rencontré l’artiste un peu avant pour l’interviewer, elle dégage une énergie et un charisme étonnant et mystérieux.
Après quelques minutes d’attente où le temps semblait s’arrêter, SKYND entre en scène, sa prestance et sa droiture font penser à celle des ballerines des balais classiques mais avec une apparence plus dérangeante.
La pluie assombrie encore plus le tableau, semblant nous enfermer sous l’immense bâche, prisonniers de l’envoûtement de la chanteuse. Fixant de son regard bleu claire les spectateurs un par un, elle entame sa litanie, racontant les destins tragiques des victimes d’êtres dont l’âme est plus sombre que le charbon.
On ne sait pas trop quelle attitude adopter : laissez court à notre excitation d’être face à une artiste incroyable ou faire preuve de retenue face à la gravité des drames qu’elle décrit ?
Pour ma part j’ai décidé de rester stoïque mais d’applaudir avec ferveur l’œuvre de l’artiste.
Car en effet, nous sommes là pour admirer une œuvre d’art complète, absolument envoûtante et hypnotisante. Elle a une capacité hors normes pour nous faire ressentir l’innommable, l’insoutenable.
Nous sommes tour à tour une étudiante cachée sous un bureau, tétanisée par la peur de mourir dans Colombine, une victime d’un chasseur nocturne qui fuit pour sa vie dans Robert Hansen ou encore le membre d’une secte apocalyptique dont le poison du gourou court dans notre esprit et dans nos veines dans Heaven’s Gates…

Un voyage au cœur de ce que l’âme humaine a de plus sombre, ce que l’on essai de cacher, d’enfermer loin de nos regards de peur de l’affronter. SKYND, telle une messagère maudite, nous oblige à regarder le mal à l’état pur dans les yeux et nous dit : n’oubliez pas, car sinon leurs victimes auront vécus l’enfer pour rien, sinon le mal se diffusera sans peine dans nos rangs, parmi vos proches. Restez vigilants, prônez l’amour de l’autre, soyez meilleur, faites briller la lumière dans le noir sinon vous verrez le pire arriver.
A travers ces faits divers sordides, elle dénonce la vente d’arme en libre service aux Etats-Unis, les dangers des réseaux sociaux (« Bianca Devins », « Violets are Blue »…) et les faux semblants que l’humanité aime développer pour se donner un air acceptable.
Pour en revenir à la performance scénique, malgré quelques problème techniques où sa voix avait du mal à être audible, on a pu apprécier l’immensité de son talent, les chorégraphies réglées au millimètre, les lumières et la musique, un théâtre du sordide illuminé avec brio par l’incroyable capacité vocale de l’artiste. Du pur génie, un moment de grâce et de perfection.
On n’est pas ressorti tout à fait les même de cette expérience unique.
DISPONIBLE SUR LA CHAINE YOUTUBE
EXTRAIT DE L INTERVIEW AVEC SKYND
Skynd, Rencontre avec une artiste unique, une énergie et un charisme étonnant et mystérieux au festival Motocultor. .
Retrouvez la table ronde avec le groupe Infected Rain au Motocultor open air.
Rencontre avec le groupe Broken By The Scream au Motocultor Festival.
Rencontre avec la créatrice de la marque Poulettes Sisters au Motocultor festival.







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