
Je l’aurais attendu cet album !
7 ans après l’excellent Iluntasuna Besarkatu Nuen Betiko, les basques de Numen reviennent avec Erre.
Ouais, beaucoup plus court et plus simple à prononcer. En effet, les espagnols sont revenus en force le 12 Juin dernier avec ce 5ème album qui signifie littéralement “Brûler”. Enfin, ma traduction reste approximative. Car le quintet, fier de ses racines basques, chantent entièrement en Euskara, qui est une des plus anciennes langues encore parlée à l’heure actuelle. Et vu comment cette dernière sonne, elle ne pouvait que très bien coller au style que pratique Numen: Un Black Metal, teinté de Folk des plus sombres.
Ayant découvert la bande lors de leur passage au Hellfest 2022, sous la Temple, et je me souviens avoir été littéralement subjugué par cette aura qu’ils dégageaient.
J’avais, bien sûr, écouté le projet au préalable, avant ce festival, mais croyez moi qu’à mon retour, je me suis engloutie l’intégrale.
J’ai adoré chaque opus, mais j’avais une préférence pour Iluntasuna Besarkatu Nuen Betiko: Le son, l’artwork, le rythme… Tout y était parfait. Donc, vous vous imaginez bien que, lorsque j’ai appris la sortie de Erre, j’ai foncé tête baissée, et oreilles ouvertes.
L’album commence direct dans le dur avec “Kez beteriko zeru penatua”: Du pur Black Metal avec des blasts, une ambiance menaçante, sombre et une voix criarde. Même pas d’intro. Pas de bonjour, ni merde, c’est “Prends ça dans ta gueule” d’emblée.
Au moins, la couleur est donnée d’entrée de jeu. Pourtant, cette première track est intéressante dans le fait qu’elle nous propose un large éventail d’ambiance, de rythmes et de mélodie. Certes, le début tabasse dès la première seconde, mais on a droit également à des passages plus aérés à plusieurs moments. Et c’est ça que j’apprécie énormément dans la formation espagnol: Les gars te font voyager.
On a même droit à un passage à la guitare acoustique pour clôturer ce premier titre. Un petit répit avant le second; “Negu itxian Urtarril hotza”. Celui-là, contrairement à son prédécesseur, bourrine de A à Z. Mais il renforce ce côté sombre, malfaisant… comme dans une des forêts de l’univers de Tolkien (+1 point pour ceux qui ont la réf’). Je la ressens vraiment comme çi l’endroit ou tu te situe est en train de se refermer sur toi, est en train de te prendre au piège. Tu n’as plus aucune échappatoire. Mais allez, on est pas des bêtes ! On t’accorde une p’tite vingtaine de secondes de guitare acoustique pour commencer “Errautsen azken arnasa”. Guitare à forte influence latine, je trouve… Mais pas plus ! Après ça, on y retourne ! Même construction que la track précédente: On blaste, on gueule, on renforce ce côté oppressant…
Mais surtout, ce titre me permet d’aborder l’un des points les plus importants de l’album: La basse. Elle était déjà fortement présente dans les morceaux et albums précédents, mais c’est avec ce morceau qu’elle se démarque encore plus. Un véritable régal ! Et ce dernier instrument ne va faire que se montrer de plus en plus présent. Limite central dans “Hustasuna”. Je dis central, mais aucun instrument / musicien n’est en retrait par rapport aux autres.
Chacun amène sa petite pierre, et c’est ça qui fait que j’adore ce projet. Pour rester sur ce morceau et bien… Je vous ai dit plusieurs fois que l’ambiance dans Erre était malsaine, sombre, inquiétante… avec l’outro de celle ci, on passe au niveau supérieur: Le crépitement d’un feu (Qui peut s’avérer rassurant, pour beaucoup de monde), avec les pleurs d’un enfant qui se font de plus en plus fort… Là, c’est rassurant pour personne…
Et c’est pas la dernière track qui va nous aider à nous sentir mieux: Un rythme moins élevé niveau BPM, certes, mais une agressivité niveaux riffs et chant qui pourraient être interprétés comme si c’était un bourreau qui avait fini d’aiguiser sa hache afin de rendre la sentence. Et l’ambiance moyenâgeuse / saltimbanque de fin de musique ne fait que renforcer mon avis.
Erre est un excellent album, que je conseille à tout fan de Black Metal mais aussi à ceux qui aiment le Dark Folk.
Mon seul regret, c’est de ne pas pouvoir comprendre les paroles: de ce que j’ai pu lire, ces dernières parlent de légendes basques, de batailles… Tout ce que j’aime… J’me mettrais p’t’être à la traduction des textes de Numen quand j’aurais le temps…

Correction: Vaness’





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