
Vous avez été sages pour Noël ? Non ? Ca n’est pas grave … ces charmants messieurs de Woest vont s’occuper de vous…
Groupe de Black Metal Industriel marseillais, le quatuor a sorti son dernier opus Vomir à outrance le 28 Novembre dernier. Rien que le titre de l’album, les mecs annoncent la couleur. Dès la première écoute, une intro très Noise qui en rebutera plus d’un. Mais un conseil: Continuez l’écoute. Surtout si vous êtes fans de musique extrême avec une ambiance bien malsaine et oppressante.
INTERVIEW:
Moi: Ok, on est avec Torve de Woest. Première question, et pour moi, c’est la plus importante: Comment tu vas aujourd’hui ?
Torve: Ca va comme un jour en plein milieu de semaine: Tout à fait neutre
M: Le but de cette interview c’est de parler de votre dernier album qui est sorti le 28 Novembre dernier. Qu’est-ce que tu peux nous dire dessus ?
T: Pour l’instant, on est plutôt content. On a eu pas mal de critique et elles étaient cool. Pour ma part, j’ai senti que notre intention avait été comprise parce qu’il y a des remarques récurrentes dans les retours qu’on nous a faits. Après, évidemment, on peut retrouver des gens plus râleurs dans les commentaires, mais c’est le game. Mais ça nous va très bien, parce que si on n’est pas accepté dans l’entièreté de la scène Black Metal, c’est qu’on a fait quelque chose qui a au moins le mérite de se différencier
M: Mon avis perso: Je ne vous connaissais pas du tout, avant ma première écoute, et au final j’ai beaucoup apprécié votre dernier opus. Même si l’intro m’a un peu rebuté…
T: Merci. Après, ouais, l’intro est assez ArchNoise, on ne s’est pas trop à quoi s’attendre pour la suite
M: Cet album était en préparation depuis pas mal de temps…
T: Ouais, exact! Y’a eu pas mal de changement de line-up, y’a eu le COVID, des phases un peu off,… Ca a été surtout l’arrivée du bassiste, Lazarus, qui a mis un coup de boost. Sachant que la façon dont on fonctionne, c’est tout le monde qui balance ses riffs, ses idées, etc… et lui a assemblé ça façon puzzle. Et aussi l’intervention de Demony Creator qui est celui qui s’est occupé du mix, de composer les boîtes à rythmes et toutes les ambiances électroniques et qui nous a clairement permis d’aller dans une direction qu’on n’avait pas forcément décidé au départ, c’était quelque chose d’Indus’ beaucoup plus basique et minimaliste. Et lui a su mettre une puissance électronique. Je pense que, avec toutes ces années d’absence, la nouvelle identité du groupe s’est faite plutôt dans les deux dernières années et aussi ce qui a généré la dynamique actuelle qu’on a de vouloir pousser le bouchon un peu plus loin. Sortir aussi de l’anonymat, on débarque un peu de nulle part
M: Vous êtes tous masqués et portés tous des pseudos. Vous aviez déjà auparavant ce côté ?
T: A la base, ça vient d’une raison qui est beaucoup plus technique. Au début, on mettait classiquement du Corpse Paint, ce qui n’est pas facile à gérer, se maquiller à chaque fois sachant qu’on fait plusieurs dates d’affilés. Ca convenait pas à tout le monde. Et, en même temps, le Corpse Paint, c’est un peu trop basique par rapport à ce qu’on fait. C’est Lazarus qui a eu cette idée de cagoule. Donc, oui, y’a un côté plus urbain. On a nous beaucoup sortis que ça faisait penser à des catcheurs mexicains. Sinon le côté brigands aussi. Et au résultat, ça fait bien creepy
M: Ca rajoute un côté oppressant aussi, je trouve…
T: Ouais, y’a ça aussi. Ca nous fait des visages un peu patchwork qu’on arrive pas à identifier. Ca casse avec le côté traditionnel du Corpse Paint qui a plutôt une esthétique médiévale, je trouve. Nous, c’est plus urbain. On nous a même sortis que ça faisait penser à Stupeflip. Ca me fait rire. C’est bien éloigné, mais la remarque me va droit au cœur car j’aime bien leur esthétique
M: Vous avez tous vos influences, mais les tiennes, ce sont quoi pour ce groupe ?
T: Moi, j’écoute de la musique Extrême au sens large. J’ai mes niches, mes domaines de prédilection, donc ouais, le Black Metal, ça me paraissait assez évident. Aussi, j’ai toujours aimé les bizarreries industrielles comme Godflesch. J’aime bien les expérimentations électroniques comme Nine Inch Nails, aussi. Le Black Metal Indus avec Aborym, c’est une influence dont on est tous fan dans le groupe. Et au sens large, j’aime pas mal la techno. Si ça peut donner cet aspect décadent…Après on est tous large d’esprit, même si, évidemment, ça se dirige vers les musiques sombres
M: D’une certaine manière, vous me faites pas mal penser à Anaal Nathrakh
T: J’suis pas forcément fan de ce groupe, j’ai jamais trop écouté, mais oui, y’a ce côté qui tabasse et Indus. Mais, ouais, de toute façon dans la scène Indus, t’as vraiment à boire et à manger.
M: Pour défendre l’album, vous avez des dates de prévues ?
T: Ouais. Le cinq Décembre, on joue au 9 salopards de Marseille, c’est un peu la famille, pour une petite release party en petit comité avec Murmur, qui est un petit groupe de Marseille d’Industriel. On a une tournée avec Borgne, qui s’effectuera fin Mars, dans plusieurs festivals entre Nantes, la Belgique, l’Allemagne et la Suisse. On est impatient. C’est cool parce que Borgne est un groupe qu’on affectionne et qui chante en français
M: Et concernant ce chant en français, que vous pratiquez aussi…
T: Le Black Metal est le sous-style où il y a le plus de chant en français. Y’a qu’à voir les acteurs de l’Ombre. Ca fait partie de leur identité. J’ai toujours aimé le chant en français parce que je suis quelqu’un qui s’intéresse aux paroles. Je viens aussi pas mal de la culture Punk, et ce style, dans la Oï, c’est souvent en français. J’écoute pas mal de Rap, aussi. Je trouve ça cool que ça soit bien accepté dans la scène Black. Parce que je pense qu’il y a 15 ou 20 ans en arrière, ça aurait pas été la même chose. C’était plutôt moqué, montré du doigt
M: Un groupe avec qui t’aimerais partager une affiche ?
T: Oula… Alors je vais citer des gens, mais si ça se trouve, il me déteste… Nan, plus sérieusement. En parlant de Source Atone Records, en dehors du fait que je connaissais Chris, et que j’ai beaucoup aimé Salo, qui a un côté très poisseux et sombre. Sinon, on a déjà joué eux, mais y’aurait Fange. C’est un des meilleurs groupes français, et je trouve qu’on va vraiment dans leur sens.
M: Un endroit où tu aimerais jouer ?
T: Pas forcément, non. Ca va être fait avec Paris. C’est là que tu peux jauger la façon dont tu es accueilli. Je suis plus attaché à jouer en France, en fait
M: Ok, je te remercie énormément pour ton temps. Un p’tit mot pour conclure ?
T: Merci à toi ! Achetez notre album, soutenez votre scène musicale locale !

Relecture: Aurore Varre






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