Helga, une première partie tout en douceur…
Prêt pour un voyage mystique ? Ce soir, l’équipe suédo-anglaise d’Helga nous ouvre les portes d’un univers aux confins du rêve, de la mélancolie et du sacré.
Formé autour de Helga Gabriel, figure centrale du projet, le groupe tisse un étrange canevas musical entre folk nordique, post-rock atmosphérique et éclats de black metal. Un alliage aussi improbable qu’hypnotique.
Dès les premières notes, le sort est jeté. Helga arrive à la fois à nous apaiser et à nous angoisser par l’étrangeté de ses musiques et par la noirceur de sa chorégraphie. Entre ombre et lumière, Helga nous confronte à quelque chose de profondément humain, de brut et de beau, une expérience à vivre.
Oranssi Pazuzu, c’est un peu le groupe WTF par excellence. Inclassable, imprévisible, parfois même incompréhensible — mais toujours fascinant.
Originaire de Finlande, le groupe s’est formé en 2007 autour de Jun-His (chant/guitare), accompagné par Korjak (batterie), Evil (basse), Ikon (claviers/synthés) et Moit (guitare). Ensemble, ils forment un monstre sonore hybride, fusionnant black metal psychédélique, rock cosmique et expérimentations électroniques dans un chaos savamment contrôlé.
Oranssi Pazuzu est à la musique ce que la purée est à la pomme de terre : une transformation totale. Une bouillie sonore dense, étrange, parfois indigeste, mais toujours nourrissante pour l’âme… à condition d’être prêt à l’ingérer. Assister à leur performance live, c’est se préparer mentalement et physiquement à un véritable ouragan sensoriel. Nos tympans ? Malmenés. Nos repères ? Anéantis.
Ce soir à l’Antipode, le groupe délivre un set d’une intensité hallucinante. Leur signature sonore — ce mélange d’instruments analogiques et de textures électroniques abrasives — envahit littéralement tout l’espace. C’est un mur de sons mouvant, un flux tendu et sans répit, orchestré avec une précision chirurgicale.
Sur scène, pas de place au hasard : chaque moment de cette agitation sonore est pensé, millimétré, presque ritualisé. Le public, composé d’initiés et d’intrigués, se laisse emporter dans cette transe chaotique où folie contrôlée et brutalité cosmique s’entrechoquent.
Plus qu’un concert, Oranssi Pazuzu propose une expérience sensorielle totale, une plongée dans un univers où les structures éclatent, où la musique devient matière, mouvement, abstraction. On en ressort secoué, un peu désorienté… mais étrangement apaisé, comme après une tempête intérieure.
L’entrée en scène de Sólstafir




Vers 22h30, les lumières s’éteignent de nouveau, laissant place à une scène baignant dans une lumière aveuglante, illuminant l’illustration du dernier album. Les premiers accords de guitares s’élèvent, provoquant une acclamation enthousiaste du public. Sólstafir, véritable institution du post-metal, déploie une énergie communicative dès les premiers instants.
Aðalbjörn Tryggvason, charismatique frontman, alterne entre déclamation passionnée et interaction chaleureuse avec l’auditoire. Il partage anecdotes et émotions en anglais comme en islandais, rendant chaque morceau encore plus authentique.
Le groupe est ici pour défendre sur scène leur dernier album « Hin helga kvöl ». On peut dire que la mayonnaise a pris car le public est en liesse et ne cache pas son plaisir.
Le jeu des musiciens est remarquable : les riffs hypnotiques de Sæðór Maríus et la batterie puissante de Guðmundur Þórarinsson enveloppent l’espace, créant une véritable cathédrale sonore. La qualité acoustique de l’Antipode permet à chaque note de résonner avec clarté, amplifiant l’impact émotionnel de leur musique.
Côté visuel, les jeux de lumière, tour à tour glacials et chaleureux, renforcent l’immersion.
Cette soirée à l’Antipode restera gravée dans les mémoires des spectateurs. Entre la poésie brute de Sólstafir, la violence de Oranssi Pazuzu et l’étrange douceur d’Helga, c’était une expérience unique, à la croisée des émotions et des genres. Un rappel à quel point la musique nordique sait toucher à l’âme.






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