Avec son dernier album Do Not Go To War With The Demons Of Mazandaran, Lowen s’impose de façon magistrale en nous proposant un doom progressif unique, teinté d’influences moyen-orientales. L’album tisse des liens entre la mythologie persane notamment à travers « Le Livre des Rois » (Shahnameh) et les luttes contemporaines auxquelles les femmes iraniennes sont confrontées. Cette fusion puissante, ancrée dans les chants et instruments traditionnels de Nina Saeidi, confère à l’album une atmosphère presque mystique.

1. « Corruption on Earth » ouvre l’album de manière fracassante, avec une intensité lourde en riffs et des mélodies vocales caractéristiques de la technique tahrir issue du chant classique persan que Nina Saeidi maîtrise à la perfection. La chanson aborde de front les injustices subies par les femmes en Iran, transformant la douleur en un cri de résistance.

I cannot speak, so I raise my fist
I cannot sing, so I raise my voice
I cannot live, so I die fighting

2. « Najang Bah Divhayeh Mazandaran » introduit la dimension mythologique de l’album, titre qui signifie : « Le combat contre les démons de Mazandaran » en référence à l’un des exploits légendaires de Rostam, héro célèbre dans le Shahnameh. Avec des paroles en farsi et en sumérien, ce morceau marie des riffs progressifs à une atmosphère apocalyptique, comme si l’auditeur était transporté dans un monde de luttes anciennes contre les démons de Mazandaran.

3. « Waging War Against God » est un morceau chargé d’émotion et de colère, reflétant les luttes actuelles des femmes iraniennes pour leurs droits fondamentaux.
Le titre signifie : « Faire la guerre contre Dieu », c’est l’un des termes juridiques utilisés par le gouvernement iranien pour persécuter et exécuter les individus qui s’opposent au régime.
La voix de Saeidi est puissante, pleine de passion et de désespoir, tandis que le groupe l’accompagne avec une lourdeur qui souligne la gravité du message.

Allez voir la vidéo et prenez le temps de lire le descriptif.

4. « The Seed That Dreamed Of Its Own Creation » marque un changement de tempo, plus lent et plus atmosphérique. Chantée en farsi, cette piste explore des paysages sonores plus introspectifs et envoûtants, renforçant le sentiment de mélancolie et de quête identitaire qui parcourt l’album.

5. « May Your Ghost Drink Pure Water » commence par une introduction au violoncelle jouée par Arianna Mahsayeh, ajoutant une touche apaisante et nostalgique avant que le morceau ne s’intensifie avec des riffs brutaux. Ce titre semble évoquer l’idée de purification et d’apaisement des âmes tourmentées.

6. « Ghazal For The Embrace Of Fire » clôt l’album de manière épique avec près de neuf minutes de riffs massifs et de mélodies sinueuses. Le chant de Saeidi se fait ici presque incantatoire, tandis que la musique crée une atmosphère de rituel ancien, capturant l’essence même du folklore et de la mythologie persane.

Cet album, tout en puissance et en profondeur, révèle un groupe au sommet de son art, combinant habilement des thèmes historiques et contemporains pour offrir une œuvre à la fois musicale et engagée. A écouter de toute urgence !

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