
40 ans ça se fête ! Ce sera l’an prochain que les légendes du Punk français, Burning Heads, fêteront leurs quatre décennies, et ce, en grande pompe avec la release Party de leur prochain album, All fired up, le 20 Mars à la Maroquinerie.
Mais ne vous inquiétez pas, histoire de nous faire patienter, le quintet nous a sorti ce-dit dernier album le 16 Octobre dernier. Et autant vous dire qu’il met le feu ! Sans mauvais jeu de mots…On commence avec un clin d’œil à l’album Escape, sorti en 1999: “S.O.S. 2”. Et autant dire qu’elle donne parfaitement le ton: Du bon gros Skate Punk comme on l’aime. Dès la première écoute, je me suis revue sur ma planche pendant mes années lycée. ça, et mes années PS1 avec les jeux Tony Hawk. Autant vous dire que mes écoutes de l’album m’ont rendue nostalgique. Tout ça pour vous dire que l’album s’ouvre de la meilleure des manières. On poursuit avec “Fire walks with her”. Une de mes tracks préférées: Une forte influence Bad Religion, des singalongs, un rythme et chant fédérateur… Tout ce qu’il faut pour me plaire.
Après, quasi toutes les tracks sont aussi bonnes. Prenons en exemple “Smombies”, qui est le second single que le quintet a sorti pour promouvoir All fired up (La première étant “S.O.S. 2). Titre intéressant du fait qu’il parle d’un sujet d’actualité: Les gens qui passent leur vie à regarder l’écran de leur téléphone…et j’vous vois venir; y’a pas que les jeunes, hein. Y’a pas mal d’adultes qui font la même chose. Néanmoins, c’est un excellent choix de single.
Ce thème n’est pas le seul sujet important abordé par BH: “Consequences”, lui, parle du dur sujet du consentement sexuel, souvent non respecté. La phrase “No said no” (“Un non est un non) est bien répétée, pour bien vous rentrer cette règle d’or dans le crâne. Comme quoi, le quintet sait rigoler mais sait également se montrer sérieux.
Niveau instru, c’est surtout la basse qui m’a scotché: Elle fait office d’intro dans plusieurs morceaux (“Plan B”, “Take over”,…) et qu’est-ce qu’elle tabasse ! D’autant que, pour ma part, la basse est l’instrument le plus important dans une formation musicale. J’ai beaucoup apprécié mes multiples écoutes de l’ouvrage.
Y’a juste la dernière track, “High Times”, à laquelle je n’ai pas accroché. Mais je pense que c’est le simple fait qu’on passe du Skate Punk à du Reggae, et n’étant pas fanatique de ce genre, je n’y ai pas trouvé mon compte. Mais je suis sûr que beaucoup d’auditeurs ont fortement apprécié ce décalage, d’autant qu’il s’agit d’une marque de fabrique des Burning Heads. Avant la sortie de All fired up, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Thomas, le batteur, avec qui j’ai passé un excellent moment.

Interview:
Grizzly: Ok, on est avec Thomas de Burning Heads. Première question, et pour moi, c’est la plus importante: Comment tu vas aujourd’hui ?
Thomas: Et bien, écoute, ça va plutôt bien. Le disque sort bientôt (NDLR: Il est sorti le 16 Octobre dernier), y’a un p’tit peu d’actualités pour début 2027, donc en tant que batteur, je peux dire que tout va bien.
G: L’an prochain, vous fêtez vos 40 ans de carrière, et vous fêtez ça avec une grosse date à Paris…
T: Ouais, c’est à la Maroquinerie, c’est au mois de Mars
G: Qu’est-ce que ça te fait de savoir que Burning Heads a 40 ans ?
T: C’est étrange. C’est étrange, mais c’est uniquement le chiffre qui est bizarre. Après, mon ressenti avec Burning Heads, c’est que c’est passé extrêmement vite. Comme dit le proverbe: “Le temps passe plus vite quand on s’amuse”. Je pense que j’ai eu beaucoup de bon temps avec cette aventure humaine, je continue à en avoir et donc, j’ai l’impression, que dans les salles d’attente, les minutes sont des heures. Quand tu vis de ta passion à fond, quand c’est ce qui rythme tes journées, ça passe super vite. Donc voilà, 40, ça me permet de mettre un chiffre sur l’existence du projet. Mais si on doit chiffrer par rapport à notre ressenti, on aurait dit beaucoup moins. Parce que c’est passé super vite
G: T’aurais un nombre approximatif concernant les shows que vous avez pu donner ?
T: Alors, on va calculer comme ça: On avait, en moyenne, une cinquantaine de concerts par an. Au moment où on est arrivé à 20 ans, ça faisait déjà 1000 concerts. Je sais pas trop si les 20 années d’après ont été aussi chargées. J’sais que ces dernières années, les Burning Heads jouent moins qu’avant. Y’a jamais eu d’années sans concerts, y’en a toujours au moins une vingtaine. Mais y’a certaines années ou ça tournait beaucoup plus. On doit pas être loin des 2000, je pense. J’suis pas sûr du tout du chiffre, mais sachant que je fais ça depuis 40 ans, on a jamais su s’arrêter
G: Comment le groupe est né ?
T: Il faut t’imaginer dans la fin des années 80, dans une petite ville de province, ou y’a pas mal de groupes au départ. Y’avait de tout. Et fin 80, y’a pas mal de ces formations du côté d’Orléans qui ont arrêté de jouer. Et donc, sur le marché de l’emploi, pour faire ça brièvement, au bar du coin, ou tous les musiciens avaient l’habitude de se rencontrer, plein d’entre eux se sont trouvés, à rechercher d’autres binômes pour faire de nouveaux projets. Donc moi, je suis arrivé, j’ai fait un peu mon marché dans le bar. J’ai recruté un guitariste qui m’avait l’air plutôt cool, un chanteur, un bon ami à moi, et le bassiste qui venait d’un groupe de Rock australien. Et avec ce chanteur, on est parti à 4 au départ, avec ce chanteur. Et très rapidement, ce chanteur a décidé de partir voyager dans le monde entier. Et donc avant la fin des années 80, on a recruté Pierre avec qui les Burning Heads ont eu la quasi-totalité de leur carrière. C’est parti de la séparation de plein de groupes, quasiment au même moment. Donc, y’avait quasiment que des musiciens au chômage qui cherchaient à faire de nouvelles associations. C’est comme ça que c’est parti.
G: Ca vous reflète bien, je trouve
T: Oui oui. Parce qu’on était dans une ville où il n’y avait pas grand chose à faire. Après Orléans, c’est pas très loin de Paris, donc, c’était bien, mais vu que Paris était pas loin, y’avait pas grand chose à faire à Orléans. Donc la musique nous permettait de passer des bons moments, et y’avait cette espèce de début d’aventure humaine, et au moment où on a vu tous ces groupes arrêtés, tous les samedis soir, au bar, tout le monde se mettaient à parler avec de nouveaux types de nouvelles influences pour monter de nouveaux projets. Je pense que, à l’époque, ça avait énormément d’importance pour tous ces gens: Personne ne voulait rester inoccupé. Nous, on avait de la chance, à Orléans, parce qu’il y avait beaucoup de gens, entre 16/17 ans, voire 30/40 pour les plus vieux, qui étaient passionnés par la même musique, qui allaient dans les mêmes bars, dans les mêmes concerts. Et ça représentait une bonne centaine de personnes au max, mais une centaine qui se sentait vraiment concerné, qui faisait vivre le côté Rock. Pour ça, on avait de la chance.
G: Je ne suis jamais allé à Orléans. Y’a des bons p’tits lieux ou allaient ?
T: Je crois qu’il y a toujours un truc qui s’appelle le Dropkick, qui est un bar avec une salle en sous-sol. Y’a aussi pas mal de concerts à la maison des assos, au 108 rue de Bourgogne. Y’a l’Astrolabe qui a plus de capacité. On va pas parler de la grande salle, parce que souvent les groupes qu’on aime ont moins d’influence pour pouvoir y jouer, mais l’Astrolabe a un club qui a une plus petite capacité, pour les groupes au style Rock Extrême. Ça permet de faire de bons concerts dans de très bonnes conditions. Je n’habite pas à Orléans, mais pour les gens que je connais de là bas, de temps en temps, y’a quand même moyen de faire deux ou trois concerts.
G: J’imagine que vous avez déjà joué dans cette ville ?
T: Ah oui, énormément. J’en suis parti en 2010, mais j’y ai habité très longtemps
G: Quels sont tes meilleurs souvenirs sur scène ?
T: Alors, fin 80, début 90, on avait une petite côte, avec les Burning Heads un peu dans toute l’Europe, et je me souviens de concerts mémorables dans le côté espagnol, je me souviens aussi de super concerts en Belgique, en Hollande.. A l’époque, y’avait une très bonne connexion avec certains groupes hollandais et belges, donc tout de suite, ça facilite l’échange, en particulier dans les villes jumelées: Tu vas jouer dans le village d’un pote, il t’invite, et inversement. On sentait à ce moment-là que tout le monde était un peu branché par les mêmes choses. J’ai pas de nostalgie, mais quand je repense à ces moments-là, on rigolait beaucoup, et c’était super.
G: Un endroit où tu aimerais jouer ?
T: J’adorerais jouer avec Burning Heads au Brésil. Y’a une valeur sentimentale qui m’attache à ce pays: J’ai habité deux ans là-bas. Et je me suis juré d’y retourner, et grâce à Lion’s Law, mon autre projet, et Komintern Sect, j’ai eu la chance d’aller y jouer, à San Paolo. J’y suis allé deux ou trois fois, je sais plus. J’aimerais que les Burning Heads aient cette chance.
G: Pourquoi pas ? Faut pas être défaitiste !
T: Non, du tout ! Y’a toujours des tas de petites bonnes surprises ! Y’a qu’à voir l’an dernier, on a fait une petite tournée au Mexique avec Lion’s Law, et j’ai pu contacter des gens pour que Burning Heads vienne jouer dans un festival à Mexico City. Les connexions se font et ça donne de très bonnes surprises.
G: Tu viens de citer tes deux autres projets musicaux, qui sont dans un registre plus Oï. Mais tu écoutes quoi d’autres en termes de style ?
T: Mon apprentissage musical, ça a été avec la Oï des années 80. Komintern Sect représente un peu cette époque. À la suite de la séparation de ce dernier, avec plusieurs Orléanais rencontrés au bar, on a monté Burning Heads. Donc, pendant pas mal de temps j’ai fait uniquement les BH. Et un jour, à Paris, mon passé dans la Oï m’a rattrapé. De jeunes Skins sont venues me brancher pour monter un projet que le gars avait appelé Lion’s Law. Il m’a dit “Si tu joues dedans, ça me plairait beaucoup. Je connais ton passé et ton CV. J’aime beaucoup Komintern Sect, voici mes collègues et voici mes chansons. Donc, si ça te dit, j’aimerais beaucoup que tu nous rejoignes”. Et c’est comme ça que mon aventure avec Lion’s Law a commencé. À part ça, je suis très attaché à tout ce qui se rapproche de près ou de loin au Reggae: Les versions psychédéliques du Reggae Dub, les versions électroniques, en passant par la Drum and Bass, jusqu’à la Jungle Ragga. Jusqu’au Breakcore avec des rastas qui donnent des coups de flingues dans les ghettos de Babylone… Tout ce qui a un lien avec le Reggae, j’aime beaucoup. Surement parce que le Punk des années 70, de l’Angleterre, m’a fait découvrir le Reggae. J’aime beaucoup aussi le Rocksteady
G: Pour revenir à l’album, vous avez sorti en premier single, “S.O.S. 2”, qui fait écho à la première version datant de 1999. Pourquoi ce titre est pas un autre ?
T: Alors, en fait, un jour, dans notre local, lors d’une de nos périodes de création, on fait, comme à notre habitude, tourner des choses: Dès qu’un des membres à quelque chose dans sa besace, il le montre à tout le monde. Si les autres apprécient, on essaie de se l’approprier. Là ça a été le cas. On avait envoyé ça au chanteur, qui se trouvait en Normandie, et il nous a dit: “Génial, les gars !” Et je crois que le lendemain, il nous avait déjà renvoyé des paroles, en respectant notre cahier des charges. La longueur du texte devait être assez courte, parce qu’il y a beaucoup de répétitions. C’est un style qu’on a pas souvent abordé. Il s’est mis à chanter cette chose-là, qui veut dire, en gros: Nous ne donnons plus aucune importance, et nous n’écoutons plus toutes les merdes que tu nous racontes. C’est adressé un peu à la politique et à tous les grands de ce monde. Ces mots “Shits” revenaient régulièrement dans la chanson, et on s’est dit, c’est comme S.O.S.. Donc voilà, “S.O.S. 2”, ça fait un p’tit clin d’oeil au passé
G: La question bonus: Si tu devais manger un seul plat jusqu’à la fin de tes jours, ça serait quoi ?
T: Une bonne ratatouille avec du riz !
G: Je te remercie énormément pour ton temps !
T: Merci à toi !

Correction: Aurore





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