Comme quoi je n’ai pas besoin d’aller bien loin de chez moi pour tomber sur des supers groupes !  

Galibot, groupe originaire des Hauts de France, plus précisément de Wallers, est un quintet de Black Mélo des plus efficaces.  

Abordant le dure (mais vrai) thème des mineurs nordistes. D’ailleurs, pour votre culture G, un galibot est un enfant que l’on envoie dans l’enfer des mines. Ayant grandi dans le Nord, et étant issu d’une famille de mineurs, vous vous doutez que ce thème m’a parlé. Leur dernier album, sorti le 8 mai dernier, est une véritable bombe atomique.

J’m’en veux d’être passé à côté de l’écoute de la bande. Je connaissais de nom, mais je n’avais pas pris la peine d’écouter. Donc, un énorme merci à Noémy pour ce rappel à l’ordre ! Première écoute, et je tombe sous le charme instantanément.

Dès l’intro, “Catabase”, tu sens que tu vas t’en prendre plein la tronche. (Petit point vocabulaire : Une catabase est la descente d’un héros vers l’Enfer) Et d’entrée, arrive mon morceau préféré de l’ouvrage, “Jeanlin”. Inspiré du personnage du même nom du célèbre roman “Germinal d’Emile Zola, (Et oui, je sais, c’est aussi une marque de bière… Et une ville dans le Nord… Et le nom d’un catcheur belge… Et…).

Le titre représente parfaitement le style musical de Galibot : Un Black Mélodique avec des paroles recherchées. “Jeanlin” te fait rentrer dans une atmosphère sombre, avec le chant criard de Diffamie qui vient se stopper net en plein cœur du morceau avec une voix calme qui a réussi à me faire frissonner dès ma première écoute.

On continue avec “Bleu, Noir, Rouge”, que la bande nous a dévoilé via un clip sorti quelques jours avant l’album. Là, on entre dans un Black Metal crasseux dans tous les sens du terme : Les blasts, les riffs, la voix… tout s’enchaîne ! Nous avons tout de même droit à une petite trentaine de secondes de répit sur la fin de la Track …avant de redescendre vers les Enfers avec “Voreux”. Avec un tempo plus lent qui définisse parfaitement la phrase : Abandonne tout espoir, Toi qui entre ici (Ce qui serait marqué sur les portes de l’Enfer dans la Divine comédie de Dante)

Le groupe compare la mine à un énorme monstre dévoreur d’homme et quand on sait les horreurs qui se sont passées dans ces endroits, on ne peut que le valider.

Petit interlude musical avec “Baptise Terre” qui amène une tout autre ambiance : Une ambiance que je pourrais qualifier de… ritualistique. Perso, celle-là, je la comprends comme un rituel, mais qui doit être, malheureusement, accompli, qu’importe ce qui t’attend de l’autre côté.

Et avec “Pénitent”, ça n’a fait que confirmer mon ressenti. Alors, je me suis renseigné sur ce qu’était un pénitent quand on parle de mineur. Il s’agit en fait d’une sorte “d’élite” de mineurs : Ceux qui allumaient le gaz dans les mines. Ce qui est exactement ce que j’ai dit plus haut : La Mort m’attend sûrement, mais il faut bien que quelqu’un le fasse.

On retourne sur un rythme quasi similaire à “Jeanlin” : Ça blast d’entrée avant qu’un petit passage plus “calme” casse là le morceau avec ‘Diffamie’ qui reprend une voix calme, que j’hésite même à qualifier de chœur, puis ça repart dans des riffs de tarés soutenus par une voix criarde.

“Les montagnes poussent sous terre” est la suivante. Une chanson au rythme changeant : Un début lourd, limite martiale, avec un duo de voix entre Diffamie et Thomas, le gratteux, et le rythme monte crescendo. Le chant est également plus lent, ce qui permet de mieux comprendre les paroles. Cependant, je ne sais pas trop comment interpréter ce titre… Moi, je la comprends comme ça : Le mineur, au lieu de grimper une montagne, rampe, ici, vers une montagne abyssale. Montagne qui sera sûrement sa tombe. Si quelqu’un a une réponse, j’suis preneur.

On passe à ma seconde Track préférée de l’album, “Estaminet”. C’est du Hardcore ! Du pu**** de Black Hardcore ! Étant moi-même coreux, je peux vous dire que je n’avais qu’une envie, c’était de faire une session de Mosh Pit dans mon salon… mais ma femme m’aurait encore jugée avec son regard… J’me rattraperai en concert.

Pour ceux qui ne savent ce qu’est un estaminet, c’est un bar/bistrot typique du Nord de la France et de Belgique (Car oui, y’avait aussi des mines en Belgique) ou, en général, on passe boire un p’tit verre après sa journée de taf. Hé ! Ne faites pas genre ! On est nombreux à faire ça ! Et pas que dans le Nord !

On revient dans le Black Mélo avec “Terril”. Les blasts et les riffs rapides reviennent, mais avec des petits passages de Breakdowns qui feront headbanger n’importe qui avec un thème pas encore réellement abordé dans l’album : L’explosion des mines qui entraînent la mort de mineurs mais également des habitants avoisinants, ainsi que d’énormes dégâts matériels.

On reste dans le Black avec l’avant-dernier morceau : ‘’Le Saint Cordon’’. Black Mélo, certes, mais une présence bien plus Black avec des passages bien lourds. Le titre fait référence à un événement ayant eu lieu dans la ville de Valenciennes en l’an 1008, ou la Peste faisait rage. La Vierge Marie “serait” apparue à un ermite du coin pour lui filer un cordon qui, lui-même, fila à des anges qui le tendirent tout autour de la ville afin de la protéger. Et comme par hasard, tout ça s’est arrêté pile le lendemain…. Mouais, je ne vais pas dire ce que je pense de toutes ces croyances/apparitions religieuses… J’me ferai striker… Cependant, excellente parole.

On termine avec “Mésektet”. Et vous trouviez les thèmes précédents déprimants ? Mais celui-là, c’est le summum. Le Mésektet est la barque utilisée par le dieu Rê (Divinité égyptienne) pour traverser le monde souterrain. Ajoutez à ça que le thème abordé ici est la femme du mineur qui voit partir son homme sans savoir s’il survivra à sa descente nocturne et le fait que les zikos ont adoptés un Black Melo limite Dépressif avec des chœurs, vous obtenez une des meilleures façons de clôturer un album. 

Pour conclure, ça va être simple : Cet album est une pépite. Le thème abordé, les musiciens ultras bons, un visuel très intéressant, et un artwork que je trouve très classe.

Après, évidemment, ce n’est pas un groupe dont le style plaira à tout le monde. Si vous êtes fan de pure Prog’ ou de Sludge bien lent, vous n’allez pas forcément trouver votre bonheur. Mais allez juste écouter les paroles qui sont de véritables livres d’histoire

J’ai vraiment hâte de découvrir Galibot en Live, y’a tout ce que j’aime : Ça blaste, ça riff, ça gueule… T’as pas vraiment le temps de te reposer avec eux… comme les mineurs, quoi…

Correction: Vaness’

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