Depuis leur formation en 2017 à Manchester, Witch Fever trace son chemin dans une scène alternative britannique bouillonnante, sans jamais se plier aux cases. Leur premier album, Congregation sorti en 2022 avait frappé fort : une déflagration de rage et de catharsis, acclamée pour sa puissance brute et son urgence viscérale.

Avec FEVEREATEN, annoncé pour le 31 octobre 2025 via Music For Nations / Sony Music, la pression est bien réelle : comment prolonger cette intensité sans se répéter ?
Le quatuor relève le défi avec ambition. « Nous voulions vraiment avoir un son plus grand, plus massif », confie Alex Thompson (basse). Pour y parvenir, le groupe s’est entouré de Chris W. Ryan (NewDad, Just Mustard, Enola Gay) un choix à la fois audacieux et révélateur de leur volonté d’élargir leur palette sonore.

Sur le plan thématique, FEVEREATEN poursuit le travail d’introspection engagé sur Congregation, mais sous un angle plus lucide et revendicatif.
Amy Walpole, chanteuse et parolière, continue d’exorciser le traumatisme de son enfance passée au sein d’une église charismatique ce courant religieux émotionnel et autoritaire, très présent au Royaume-Uni et aux États-Unis, où la ferveur spirituelle frôle parfois l’oppression morale. Ici, elle transforme cette douleur en matière artistique brute : colère, culpabilité, renaissance.

Bon, c’est parti ! On pose nos oreilles sur FEVEREATEN…

Le nouvel opus est un bond en avant stupéfiant dans leur sorcellerie sonore. On reste dans leur ADN doom-punk abrasif, mais la texture devient plus riche, plus ample, plus multidimensionnelle. Les atmosphères s’étirent, les guitares respirent, les silences pèsent : Witch Fever ne cherche plus seulement à frapper, mais à hanter.

Regardez “DEAD TO ME!”

Morceau d’ouverture et pont parfait entre passé et présent.
Les guitares grondent, la voix hurle comme une incantation et la basse trace une ligne vénéneuse. Ce titre est un coup de semonce : direct, vengeur, viscéral. L’atmosphère se fait plus caverneuse, la production plus lourde, c’est Witch Fever 2.0 : plus dense, plus maîtrisé, mais toujours aussi rageur.

Regardez “FEVEREATEN”

Le titre éponyme cristallise toute la démarche du groupe.
Amy Walpole chante : “I thought I’d gotten over it” comme un aveu lucide, mais pas apaisé. Le morceau se tord entre minimalisme angoissé et explosion sonore. L’ajout du violoncelle d’Alex Thompson crée un drone glacial, presque religieux dans sa lenteur.
C’est une incantation, une confession et une libération tout à la fois.

Regardez “THE GARDEN”

Sans doute le titre le plus gothique et cinématographique du trio de singles.
La basse obsède, les guitares étouffent, la voix plane au-dessus d’un orage contenu.
La métaphore biblique du Jardin d’Éden y devient un acte de rébellion : Ève ne cède plus à la tentation, elle l’embrasse. Le contraste entre les passages lents et sludge et les refrains hurlés montre toute la maîtrise du groupe dans l’art du clair-obscur.

« FEVEREATEN » est une quête de son qui n’hésite pas à piocher dans le metal, l’ambient, le hardcore ou le slowcore. Le résultat est un son plus puissant, plus bruyant et plus expérimental, comme l’avait souhaité Alex Thompson et les paroles d’Amy Walpole restent autobiographiques et sans concession. C’est l’album parfait pour les nuits d’automne les plus froides et les moments d’introspection sombre. Il est infernal, obsédant!

Suivre le groupe ici! https://www.witchfever.com

Laisser un commentaire

Tendances

En savoir plus sur Metal mad tv

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture