Cap Découverte, fin Juillet. Le soleil cogne dur. Sur le bitume comme sur les peaux nues. Les bières suintent dans les mains, et le chant du hardcore et des riffs acérés résonnent entre les collines d’Occitanie. L’Xtrem Fest 2025 a frappé fort, fidèle à sa réputation de bastion sonore à ciel ouvert.

Cette année, le site de Cap Découverte, à tenu ses promesses avec sa configuration improbable ( festival au sommet, télésiège en bandoulière, et base de loisirs en contrebas ) qui donne une saveur toute particulière à l’expérience. En quelques minutes, on passe des pogos furieux à la fraîcheur d’un plongeon dans le lac, ou à l’ambiance d’une après-midi californienne au skatepark. Et ce contraste, presque surréaliste, est l’une des raisons pour lesquelles l’Xtrem Fest n’est pas un festival comme les autres.

Mais parlons musique, parlons de ce qui fait battre le cœur du festival. Je  vous ai fait une sélection de quelques groupes qui m’ont mis une véritable gifle.

La gifle « King Kong Meuf »

Juste.. quelle claque. King Kong Meuf, nom improbable, son imparable. Le groupe a dégainé un set sauvage, entre punk rugueux et garage distordu, avec une énergie qu’on croirait sortie d’une cave moite du Queens. Des paroles acérées tel que : « Tu veux qu’j’sois ta p’tite pute hein, Que j’te suce, tu veux m’baiser, Tu veux m’exhiber, Oh bébé l’trophée » tout aussi trash que les situations dans lesquelles de nombreuses femmes peuvent se reconnaître. De véritable Riot girrrls ! Rien à envier à toutes les Bikini Kills, Bratmobile ou autre Pussy Riot. Mention spéciale à la frontwoman, déchaînée, possédée, qui a retourné le pit comme une furie et au seul membre masculin dont une bande de tape cachait les tétons. Slay queens ! 

Madball : le hardcore dans son élément

Cet Xtrem Fest sans Madball, c’est un peu comme un été sans canicule : ça manque de rage, de sueur, de bagarre. Et Freddy Cricien et ses acolytes ont prouvé, une fois encore, que le hardcore new-yorkais vieillit comme un bon tatouage : il s’efface un peu, mais garde son caractère. Circle pits, crowd surfing, slogans hurlés en chœur : tout y était. Et malgré les années, Madball reste une leçon d’intégrité et de puissance. 

Sun : La douceur écrasante

Karoline Rose Sun, la frontwoman du groupe avait prévenu : « Vous ne savez pas trop ce qu’il va se passer ? C’est normal ! ». Elle a crée son style, le Brutal Pop. À l’opposé du spectre, Sun a offert un set enveloppant, presque mystique. Guitares parfois lentes, voix spectrales : un doom lumineux, paradoxalement apaisant sous cette après midi ensoleillé. C’est ce que j’aurais dis si entre deux accords les compositions de Sun ne prenait pas une tournure plus en en adéquation avec l’Xtrem Fest. Chant saturé, rythmiques tout droit sorties d’une bande disco, le tout sur fond de death metal. Vous n’avez pas tout compris ? Je vous renvois sur la citation en début de paragraphe. 

Pause skatepark : vibes californiennes

Animé par le club de skate d’Albi. Il y a au Skatepark, une bulle parallèle où la musique se mélange aux cris de joie après un trick réussi. Pendant que certains jouent à la Gamecube, ou à Dragon Ball sur PS2, d’autres placent leurs meilleurs tricks, entre deux animation complètement loufoques. Vibes nineties garanties. Un peu plus proche des scènes : le bowl.. En fin d’après-midi, baigné par le soleil déclinant, ambiance chill, DJ sets posés pour l’after party et bières à la main, on était comme à la maison avec un goût de Californie. On se serait cru à une soirée privée à Venice Beach, version sud de la France. Des instants suspendus avant de reprendre le prochain concert.. Dans la cage.

SoulSplitter : catharsis électrique

Bon, il faut qu’on parle de mon concert préféré de tout l’Xtrem Fest.. Ce quatuor venu de Cannes à profité de l’occasion pour tourner un clip. Le terrain était propice. Une cage de MMA en métal, un festival sous le soleil, et une marée humaine prête à en découdre et faire le show devant la caméra. Le groupe attends son tour, guettant la fin du set sur la scène d’à côté. Des gladiateurs. Un public. La tension est à son comble. Agressivité, riff lourds et gros breakdown non sans rappeler Knocked Loose. Il n’en fallait pas plus pour que, dès le premier morceaux des gens du public montent sur la cage ( qu’il était interdit d’escalader ) Une véritable purge, la cage tremblait sous les coups et les secousses. Derrière les premiers rangs du public, un circle pit se laissait entrevoir.. Un set qui a du laisser une empreinte, profonde, chez pas mal de festivaliers.

Poésie Zéro : le nihilisme joyeux

Poésie Zéro, l’ovni punko-dadaïste, a transformé la scène en une kermesse absurde et furieusement jouissive. Des textes décalés, de l’humour noir, du second (et troisième) degré, le tout porté par une énergie débraillée mais sincère. Poésie Zéro, c’est le chaos bienveillant, l’envie de tout foutre en l’air avec le sourire, et de danser sur les ruines. Moins de blagues qu’a l’accoutumé mais une ambiance aussi festive dans la fosse qu’a l’extérieur. Et franchement, ça fait du bien. Mention spéciale à ce beau drapeau palestinien présent tout au long du set. 

Napalm Death : la tempête

S’il fallait un moment pour tout lâcher, se vider la tête, oublier le monde, c’était bien pendant Napalm Death. Je ne retrouve d’ailleurs aucune photo sur mon appareil. Trop occupé dans la fosse. Une déflagration sonore sans compromis. Barney Greenway, Carré, ordonné et méticuleux avait dit pendant le show: « désolé ce soir si mon chant paraît brouillon ». Cela n’a rien enlevé à sa performance. toujours habité, éructe avec cette intensité presque inhumaine, pendant que la batterie mitraille à 200 à l’heure. Entre deux blasts, un discours sur la paix, la tolérance, et le droit à la différence. Brutal et lumineux à la fois. Napalm, c’est ça : un chaos qui fait sens.

Finalement…

L’Xtrem Fest 2025, c’était ça : Un week-end à fond, le soleil comme projecteur naturel, des guitares à saturation, des jambes lourdes de pogos et de tricks, des oreilles pleines de décibels et des cœurs légers. Entre les descentes en télésiège avec vue sur le lac et les montagnes, les moments de grâce dans le bowl, les concerts transpirants et les rencontres improbables au camping, on repart rincés, mais heureux.

On se dit qu’on reviendra. Forcément. Parce que l’Xtrem Fest, ce n’est pas juste un festival, c’est une famille, c’est l’ado en nous qui cri de revenir.
       

SELIM TIGRINE

One response to “Xtrem Fest 2025 – Chroniques d’un week-end brûlant à Cap Découverte”

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