Dans l’ombre brûlante de la Californie du Sud, entre les murs tagués des barrios latinos et les clubs gothiques embrumés, est né un son inédit, une voix rebelle, un cri spirituel : Prayers. Fondé en 2013 à San Diego par Leafar Seyer (alias Rafael Reyes) et Dave Parley, le duo a donné naissance à un mouvement musical et culturel radical : le Cholo Goth.

Fusion improbable mais cohérente entre l’esthétique gothique, la coldwave des années 80, les sonorités industrielles et la culture de rue latino-américaine, Prayers bouscule toutes les frontières. Leur musique, à la fois minimale et lourde, brutale et introspective, porte les stigmates d’un vécu marqué par la violence, l’identité et la foi.


Derrière la silhouette tatouée de Leafar Seyer se cache un survivant. Ancien membre de gang, écrivain, artiste visuel, il insuffle à chaque morceau une gravité existentielle. Sa voix sombre, presque parlée, délivre des textes en anglais et en espagnol, toujours empreints d’une spiritualité douloureuse. Il parle de mort, de loyauté, d’amour et de rédemption, avec la même intensité que s’il récitait un psaume.

À ses côtés, Dave Parley, musicien mexicain originaire de Tijuana, construit des paysages sonores froids et percussifs, nourris de synthétiseurs old school, de rythmes martelés et d’influences goth-industrielles. Ensemble, ils inventent une poésie urbaine noire, viscérale, politique.

Retrouvez le documentaire signé Noisey : Le duo « cholo goth » pionnier Prayers, formé en 2013 par Leafar Seyer et le producteur Dave Parley. Tous deux immigrants mexicains, ils ont transformé le son et l’apparence de la musique gothique moderne.


Leur premier EP, SD Killwave (2013), pose les bases d’un univers sonore glaçant, envoûtant.

En 2015, l’album Young Gods, avec la participation de Travis Barker (Blink-182), assoit leur esthétique. Les clips tournés dans des cimetières, les croix inversées et les symboles aztèques évoquent une spiritualité païenne et déviante, qui fascine autant qu’elle dérange.

L’album Baptism of Thieves (2016) marque une étape essentielle : plus riche, plus dense, il assume des influences plus électroniques, parfois presque mystiques. Les titres Black Leather ou Mexica font de leur identité marginale une force sacrée, un art de vivre entre fureur et foi.

En 2022, avec l’album Chologoth, Prayers revient à l’essentiel : un cri de l’âme, un chant pour ceux que l’on n’entend jamais.

Au-delà de la musique, Prayers incarne une révolution esthétique et sociale. Ils donnent une voix aux communautés souvent absentes des scènes goth ou électro notamment les latinos issus des quartiers défavorisés. En fusionnant deux mondes perçus comme opposés le goth et la culture cholo ils brisent les stéréotypes sur ce qu’un homme latino peut être, aimer, ou représenter.

Leur image forte, leur discours sans filtre, et leur volonté de spiritualité radicale inspirent une contre-culture hybride, à la fois sombre, spirituelle et engagée. Sur les réseaux sociaux, dans leurs clips, dans leurs performances scéniques, ils construisent une mythologie de la marginalité, sacrée et violente, mais surtout profondément humaine.

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One response to “Portrait d’artiste : Prayers, prophètes du Cholo Goth”

  1. […] Portrait d’artiste : Prayers, prophètes du Cholo Goth […]

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