Groupe nordiste de Post-Black Metal, Mürrmürr, qui est actuellement chez l’excellent label Epictural Production, a su capter mon attention dès ma première écoute. C’est lors d’un concert à La Bulle Café de Lille, que j’ai pu réaliser une interview du quintet.

INTERVIEW

Moi : Ok, on est avec Mürrmürr. Première question, les gars, et pour moi c’est la plus importante : comment vous allez ?

Mürrmürr : Impeccable ! Après une très belle date

Moi : C’est la première fois que vous jouez à la Bulle Café ?

Mü : Ouais. Pas la première fois sur Lille, mais première fois ici. Très content du moment, en tout cas, avec une bonne qualité de son. C’est un truc bête, mais on s’est vraiment amusé sur scène, parce qu’on avait vraiment des conditions top qui sont rares à notre niveau. Retour, qualité de son… Quand t’entends parfaitement ce que tu joues, ça reste beaucoup plus simple pour mettre les bonnes intentions, la bonne intensité en permanence…

Moi : Ce soir, vous jouez avec Pénitence Onirique et Houle. Vous avez écouté ce qu’ils font ?

Mü : Ouais, c’est du costaud, ça tourne bien. J’ai pas vu en live, uniquement en vidéo sur Youtube. J’ai bien checké les lives avant la date d’aujourd’hui, pour voir ce que ça donnait. Les deux groupes, scéniquement, ils ont une identité bien ancrée. C’est très sympa d’être sur l’affiche avec eux

Moi : D’autres dates à venir ?

Mü : Pas dans l’immédiat. Actuellement, on est dans l’attente des CD du prochain EP. On va pouvoir enclenché pour une release mais on attend vraiment les CD pour tout bien programmer (NDLR : 22 Mai au DND de Dunkerque)

Moi : Comment le groupe est né ?

Mü : C’était un Mercredi … (Rires) C’était en 2020 ou 2021, au moment du confinement. Léo et moi, au départ, on composé quelques morceaux ensemble et les 3 autres sont venus se greffer assez rapidement. C’est vraiment la période du confinement qui a vu naître ce groupe. En sachant qu’on avait déjà eu, pour certains d’entre nous, des projets musicaux ensemble auparavant

Moi : Y’a t’il eu un projet précis qui vous a unis ?

Mü : Comme disait Renaud à l’instant, on a toujours fait de la musique ensemble. Et moi, c’était surtout le délire « faire de la musique avec les copains ». Avant, on avait un groupe qui tendait un peu vers le Hardcore. Et sur la fin de ce groupe là, on avait déjà des idées de « Black ». Moi, j’avais juste envie de jouer avec Renaud, et j’ai toujours joué avec lui.

-Moi, je me suis greffé en dernier dans l’aventure, mais je connaissais déjà Aurélien, avec qui j’avais déjà fait de la musique. J’aime beaucoup la scène. Quand on joue devant les gens, y’a tout un truc en plus de la composition… Ça change de ce qu’on fait dans sa chambre durant un confinement. Y’avait un projet de faire un vrai show en Live. On a pas mal bossé en amont, grâce à Aurélien qui travaille là-dedans, surtout dans les lumières, pour vraiment proposer quelque chose qui fait pas trop amateur avec un vrai déroulé scénique avec de bonnes lumières. Un beau set-live, c’est ce que tout le monde voulait faire.

-Pour rajouter : Moi, j’avais jamais joué avec les gars, mais ça fait 15 ans qu’on joue avec d’autres groupes, ensemble sur des lives. Et quand les gars sont venus me chercher, c’était pour un projet Post-Black avec du chant en français, et c’est clairement ce que j’attendais depuis des années. C’était une vraie opportunité de faire un projet qui me tenait à cœur.

Moi : Quels sont les groupes qui vous ont inspirés pour ce projet ?

Mü : C’est plutôt clair dans nos têtes. On a vu pas mal de groupes en live qui nous ont marqués. De la scène française, notamment, dans cette scène Post-Black. Je trouve que dans la famille Metal, c’est un style qui a su se renouveler récemment. Je pense à Regarde les hommes tomber, Déluge,… Y’a aussi une p’tite patte, un p’tit côté « Alcestien ». Je pense que la scène Post-Black française peut se défendre à l’internationale. L’idée, c’était qu’à notre petite échelle, on fasse notre petit bout de chemin dans cette vague

Moi : Et vos influences personnelles ?

Mü : (Aurélien, Basse) Comme l’expliquait Léo, de base, on a fait du Hardcore. Personnellement, j’aime beaucoup le Hardcore, j’aime beaucoup le Rap, y’a pas vraiment de limite… Le seul critère, c’est qu’il faut qu’il y ait de l’âme dans ce que les gens font, et que ça se ressente à la première écoute

– (Léo, Batterie) J’aime énormément de truc. J’suis un peu un « touche-à-tout ». J’aime beaucoup de le Death, le Thrash,… J’suis pas un vrai blackeux, en fait. Je puise un peu de partout. Y’a beaucoup de batteurs que j’adore, et j’essaie de faire mon p’tit truc, à ma p’tite sauce

-(Antoine, Guitare) Pour moi, le Black Metal est vraiment le style que j’écoute le plus. Un groupe de chevet pour moi, c’est Mayhem : A chaque nouvel album, ça se renouvelle, c’est violent, c’est rapide…Après, la scène française est assez monstrueuse. Une grosse scène au Québec aussi : Y’a plein de groupes à aller piocher là bas. Plus il fait froid, meilleur c’est ! Sorciers des glaces, Glaciation,… Mais aussi du Brutal Death et un peu de Rap aussi. Ça doit être le deuxième style de musique que j’écoute le plus. Au passage, je recommande le groupe français Mourir, qui ont sortis 3 projets dont un dernier récemment. Tout est absolument incroyable : Faut tout écouter de A à Z

-(Renaud, Guitare) Pour le coup, je dois être celui qui écoute le moins de Metal…et paradoxalement, c’est moi qui ai composé la majorité des compos avec Léo. J’écoute plus du Rock. Mais c’est pour ça que les morceaux ont ce côté plus mélo’, pour certains d’entre eux. J’ai pas vraiment une façon de jouer qui soit très Blackeux typique, et du coup, ça se ressent. J’écoute beaucoup plus de Post-Black que de Black. Plus des trucs comme Amenra, Brutus…

-(Benjamin, Chant) Me concernant, ça serait surtout Metal Extreme. Black Metal, scène française parce que j’adore le chant en français. J’suis pas du tout original : Du Deathspell Omega, du Glaciation, … Même en termes d’écriture au niveau du chant, ça me parle toujours plus. Mais aussi plein de choses différentes. Mais le style Black Metal reste ce que j’écoute le plus au quotidien

Moi : Un moment sur scène qui vous a marqué ? Négativement comme positivement ?

Mü : On a joué à Calais dans un bar-concert à la Timbale. Et cette date là, perso, c’était ma préférée. Dans le sens où il y avait une osmose avec les gens qui sont venues. On a joué à domicile, et ça faisait très longtemps qu’on l’avait pas fait. Y’avait pas de barrière entre le public et le groupe.

-Même aujourd’hui, à la Bulle Café : Je voyais que les gens appréciaient. Voir quelque chose en tant que batteur, c’est déjà pas mal. On a eu pas mal de bon retour

-Pour moi, c’était au tout début du groupe, quand on a joué à ce festival juste en face du stade Bollaert : Le Metal CH4

-On a fait aussi une paire de dates en Belgique qui nous ont marquées. Pas tant forcément pour les concerts en eux-mêmes, mais pour le côté humain : on a rencontré de superbes personnes qui sont là ce soir. L’aspect humain était très chouette

-P’t’être trop à chaud pour moi : Ce soir, c’était une date très importante. Y’avait pas loin de 200 personnes, on a joué dans de très bonnes conditions, on a eu un bon son… Et en plus on a ouvert pour Pénitence Onirique, pour Houle, qui ne sont pas n’importe qui, quoi… pour moi, jouer devant autant de personnes avec d’aussi bonnes qualités de sons, c’est une étape qu’on voulait passer

Moi : Un endroit ou vous aimeriez jouer ?

Mü : Le but ultime, ça serait de faire des gros festivals. Mais avant ça, je pense au Métaphone, au 4 Ecluses à Dunkerque, à l’Aeronef à Lille, mais aussi au Splendid. Y’a aussi le Rock’lette Festival en Suisse, et le Mountain Festival aux USA

Moi : Un groupe avec qui vous aimeriez partager une affiche ?

Mü : (Longue réflexion)… Alcest ! Parce que j’ai vraiment poncé tout ce qu’ils ont fait, leurs projets annexes, et tout…

Moi : C’est un avis perso, mais je vous verrais bien avec Harakiri for the Sky

Mü : Ouais ! Influence qu’on n’a pas citée. On aime beaucoup ce groupe là. Le plus dur, ça serait de citer des groupes avec qui on n’aimerait pas jouer…

Moi : Messieurs, merci pour votre temps. Un p’tit mot pour la fin ?

Mü : Un énorme merci à ceux qui se sont déplacés aujourd’hui, à ceux qui nous suivent depuis longtemps. Je fais un p’tit bisou à Martin, car c’est lui qui nous a programmés à Charleroi. Ça fait vraiment du bien de voir qu’il y a un soutien derrière. Et aussi, on est très pressé de vous présenter Katharos , notre prochain EP qui parlera des guerres de religions !

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