Édition de tous les records, voilà celle qui incarnera mon premier Hellfest à tout juste 20 ans… Me voici pour vous conter mon aventure dans les limbes du plus important festival de metal en France !
NB: Vous êtes invité·e·s à lire le report précédent avant de vous lancer dans celui-ci. Bonne lecture !
J’essaie de dormir le plus possible pour la journée qui m’attend. Je me prépare rapidement et fais de l’ordre dans mes affaires. C’est avec un certain pincement que je réalise que mon départ approche. Ces quatre jours sont passés si vite et cette journée sera peut-être la plus folle de ce long weekend…
Je décolle vers 11h en faisant un crochet au stand de NBR où j’échange rapidement avec Jérôme Riera. Léa m’y a retrouvée et on a ensuite pris la direction de la Cathédrale pour ce dernier jour en enfer.

Nytt Land. Temple, 12h15.
J’ai comme l’impression que certains festivaliers sont encore endormis. Il y a moins de monde que les jours précédents. J’esquive aussi quelques cadavres au sol pour m’avancer vers la scène. Le duo russe de folk nordique est pour moi parfait pour démarrer la journée avec le calme qu’émane leur musique. La femme se tient debout fièrement. Quant à l’homme, il est assis en retrait. Tous deux se présentent de façon traditionnelle, le visage peint. Le résultat revêt un aspect plutôt poétique.

Alien Weaponry. Mainstage, 12h50.
Originaire de Nouvelle-Zélande, le groupe défend fièrement sa culture maorie. Henry, Lewis et Turanga ont mon âge, tout juste la vingtaine, et jouent déjà en mainstage. Avec leur parcourt, c’est plus que mérité ! Le ton est posé quand le concert débute sur un haka. Leur show est puissant, énergique. La fosse est énervée : moshpits et walls of death s’enchaînent. J’ai pu remarquer que le groupe n’a pas pu jouer sur ses propres instruments, une histoire de compagnie aérienne qui les auraient égarés. Malgré ce pépin hasardeux, Alien Weaponry est sensationnel sur scène et a de beaux jours à venir ! Premier coup de cœur.
Je me prends un temps pour préparer les conférences de presse de cet après-midi, quand ma journée prend une tournure apocalyptique… Je vis ce que l’on redoute toutes, nous personnes à utérus. Catastrophe ou tragédie, en tout cas les Anglais ont débarqué alors que ce n’était clairement pas au programme. Je retourne à mes affaires et je n’ai rien d’adapté. Léa peut-être ? Par miracle, le réseau passe mais sa réponse est négative. Les filles que je croise au camping à cette heure n’ont rien non plus qui conviendrait. Peut-être que chez les secours, il y aura de quoi me sauver ? Et bien… non. Je suis la troisième personne de la journée avec cette même requête et rien. On me redirige vers le planning familial du festival. Soit il est très mal indiqué soit la panique du moment combinée à la fatigue du weekend me jouent un tour terrible. Je ne le trouve pas. Engel, malgré la maladie, est sur le coup à distance ! Elle me met en contact avec Eva de Girls n’Nantes. Je peux enfin souffler de soulagement. Un grand merci à elles !
Petit message si quelqu’un dans l’orga du festival me lit : s’il vous plaît, équipez peut-être les toilettes ou les postes de secours avec des distributeurs de protections périodiques.
Avec ces péripéties, il est 16h00 passé. Je n’ai toujours pas mangé de la journée, je sens que je dois me sustenter au plus vite. Les équipes des secours sont vraiment chouettes : je les aime bien, elles effectuent un travail superbe mais je les ai déjà assez vues en quatre jours.
C’est officiel : j’ai raté les conférences de presse pour ce jour. Moral dans les chaussettes quand tu sais que Bullet For My Valentine, Avatar et Sabaton te passent sous le nez. Léa me retrouve pendant que je râle sur mon sort.

Bullet For My Valentine. Mainstage, 17h25.
Je me console donc avec leur concert. BFMV, c’est mon premier « groupe doudou » du jour. Eh oui, j’écoutais du metalcore au collège aussi. Sous les dix premières minutes, le public est conquis et le premier wall of death prend place. Les Gallois sont électriques ! Ils profitent du moment pour jouer quelques titres de leur dernier album éponyme paru en 2021 en plus de titres plus anciens. « Tears Don’t Fall » ravive pour beaucoup des souvenirs et fait renaître l’ado que j’étais il y a peu.
Captation ARTE Concert : https://youtu.be/lCfEDnQxGkM
Avatar. Mainstage, 18h30.
Léa et moi décidons de suivre le concert d’une oreille pendant qu’on se fraie un chemin pour se désaltérer. Le groupe fait son cirque sur scène et a lâché le Clown. Roses et confettis sont offerts au public. Le concert démarre plutôt bien. La setlist est diversifiée. Le show a semblé dément. Néanmoins, je conçois ne pas m’être très investie ici.
Captation ARTE Concert : https://youtu.be/pwEfqQtTC0w

Bring Me The Horizon. Mainstage, 19h35.
Ok. La petite ado de 12 ans est vraiment ressortie cette fois. Encore un autre groupe qui m’a accompagnée au collège et dont j’ai saigné Sempiternal à sa sortie en 2013. J’ai donc bien évidemment crié en les voyant monter sur scène comme une bonne groupie. Par contre, autre ambiance chez Léa qui est exaspérée de moi. Et je comprends tout à fait. On décide de s’avancer, je la perds dans un pogo. Qu’on aime leur style ou non, BMTH sait mettre une ambiance de dingue en concert et aime la proximité avec son public. Oli n’a pas manqué de descendre de la scène et de prendre dans ses bras quelques fans. Petit aparté : je slam pour la première fois sur DiE4u et j’ai remarqué plus tard que j’apparaissais sur la captation ARTE Concert. C’est assez drôle. Bref : certes le groupe traîne derrière lui la réputation de « groupe pour jeunes filles » (avec d’ailleurs un public davantage féminin que les groupes que j’ai pu voir ces derniers jours) mais les Britanniques ont grandi depuis et sont remontés à bloc !
Captation ARTE Concert : https://youtu.be/pwpGfpBICms
À la base, Léa et moi devions nous retrouver pour aller voir la fin d’Ignite à la Warzone. Malheureusement, on se cherche pendant bien 30 minutes sur fond de Black Label Society. On décide alors de zoner devant les mainstages afin d’avoir une bonne place pour les deux concerts qu’on souhaite voir ensuite.

Sabaton. Mainstage, 21h45.
Visiblement, le public se souvient encore de l’édition 2019 quand le groupe a remplacé Manowar. Les Suédois arrivent sur scène acclamés en héros. La scéno est impressionnante. Un champ de bataille est reconstitué : la batterie repose sur un tank, des tranchées sont de part et d’autre, des explosions résonnent. Le public se transforme alors. Nous sommes transportés dans l’imaginaire du groupe. Leur power metal est communicatif. Et cette année, pas d’extinction de voix pour Joakim Brodén ! Le groupe salue à la fin du concert à nouveau ému du moment et reconnaissant envers son public. Coup de cœur.

Metallica. Mainstage, 23h05.
Metallica, c’est l’événement de cette XVe édition. Comme pour les Guns la veille, l’arrivée du groupe sur scène provoque un mouvement de foule (plus doux cependant). La tension monte dans le public avec l’ouverture du concert qui se fait sur un extrait du film Le bon, la brute et le truand, préparant une entrée entre intensité et sobriété. L’excitation des fans est palpable, les Californiens ont plaisir de se produire ici. James Hetfield a d’ailleurs le sourire pendant quasiment les deux heures du set et s’amuse en interpellant l’audience. Le groupe joue les classiques de sa discographie. Pour beaucoup ce soir, c’est sûrement la première fois qu’on les voit en concert et je pense que le groupe en a conscience dans le choix des titres de la setlist. Hetfield souhaite aussi la bienvenue dans la famille aux newbies comme Léa et moi. Au passage, moshpits et slams sont de mise dans le public. Mon seul point noir du concert : les « fans » autour du snake pit rivés sur leur écran à tenter de filmer le concert. Pour revenir au positif, Metallica ne se refuse rien et leur show 360 se finit sur un petit feu d’artifice ! C’était incroyable.
Le festival se clôture sur un feu d’artifice qu’il fallait absolument ne pas rater. L’aftermovie en a d’ailleurs de très belles images, offrant une vue inédite du spectacle :
Il est 2h00 quand je dis au revoir à mon amie. Elle retrouve sa mère et son cousin pendant qu’une course contre la montre démarre de mon côté. Eh oui, je ne peux rester dormir sur place car mon train m’attend à Clisson à 4h00. Une heure passe, j’ai enfin mes affaires de bouclées. Un grand merci aux festivaliers qui m’ont aidée à ranger la tente.
3h15, je cherche encore la navette pour aller à la gare. J’abandonne quand je rencontre deux autres festivaliers qui sont dans la même situation que moi. N’ayant pas de nouvelles des navettes dans le quart d’heure qui suit, nous décidons de faire le chemin à pied. Pour le coup, la situation est presque comique. On forme un petit trio mené par le Parisien stressé qui râle après Maps nous indiquant des mauvaises directions. Ely et moi, en revanche, on s’est fait notre meilleur café klatsh en le suivant jusqu’à bon port. On arrive 5 minutes avant le départ du TER, c’est nickel. De Clisson à Paris, mon nouvel ami et moi échangeons sur nos meilleurs moments du weekend. Nous nous séparons au métro.
Lundi, 9h00. Je m’écroule dans mon lit en oubliant mes obligations de l’après-midi. J’en ai encore des étoiles pleins les yeux de ces quatre derniers jours. « Alors, c’est ça l’enfer ? »







Laisser un commentaire